Vendredi 30 janvier 2009
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Le ministre délégué à l’Alphabétisation et à l’Education non formelle était en tournée du 17 au 20 janvier 2009 dans la région du Sahel pour sensibiliser et mobiliser
les communautés pour une meilleure scolarisation des enfants. La région du Sahel, avec ses quatre provinces que sont le Séno, le Soum, l’Oudalan et le Yagha, connaît les plus faibles effectifs
scolaires au Burkina.
Beaucoup d’enfants ne partent pas à l’école. Ils sont souvent mis très tôt dans la vie active comme berger derrière les troupeaux. A défaut, ils sont simplement gardés à la maison pour des travaux
domestiques. Aussi, d’autres sont confiés à des maîtres coraniques pour mendier de village en village. Pourtant, l’éducation scolaire est obligatoire de 6 à 16 ans. Dans cette partie du pays des
hommes intègres, certains parents continuent de penser que l’avenir de leurs enfants se trouve exclusivement dans les troupeaux. A la recherche de solution, le ministre délégué à l’Alphabétisation
et à l’Education non formelle, Ousséni Tamboura a initié une mission de sensibilisation en faveur de l’éducation au Sahel. Accompagné du député Bassirou Ly, le ministre délégué, M. Tamboura a pu
visiter au moins deux circonscriptions d’éducation de base dans chacune des provinces de la région. Sur le terrain, le constat des faibles effectifs est sans équivoque. Des statistiques livrées par
les inspecteurs donnent à certaines classes un effectif de moins de 10 élèves.L’école de Kirgou (Yagha) compte trois classes. L’effectif est de 51 élèves, soit 21 au CP, 20 au CE et 10 au CM1. Dans
la circonscription de Gorom-Gorom 1 (Oudalan), à l’école d’Assinga, la classe de CP2 a un effectif de 13 élèves et la classe multigrade CE1/CE2 compte 7 élèves (4 garçons, 3 filles). Que ce soit
dans les provinces du Yagha, de l’Oudalan, du Séno et du Soum, les exemples d’écoles à faible effectif sont légion. “Il s’agit d’un luxe quand un enseignant doit s’occuper de 7 élèves alors
qu’ailleurs il y manque d’enseignants pour encadrer des classes à fort effectif”, a remarqué le ministre. Dans bien des cas, si les enfants sont inscrits à l’école, c’est leur maintien en classe
qui constitue un autre problème. Les abandons scolaires battent les records dans la région du Sahel. Au Yagha, la délégation ministérielle a pu se rendre compte d’une situation exceptionnelle à
l’école de Kallakoye. 46 élèves de la classe de CP1 recrutés en octobre dernier ont tous abandonné l’école avant la fin du premier trimestre de l’année scolaire 2008-2009. Trois (3) mois après la
rentrée scolaire, le maître s’est retrouvé seul. Pas d’élève ! Les raisons évoquées pour ce peu d’intérêt à l’éducation scolaire dans cette région sont multiples. Il s’agit entre autres, de
l’ignorance des parents, des activités pastorales, des mariages forcés et précoces des filles scolarisées. Beaucoup de parents préfèrent envoyer leurs enfants à l’école coranique qu’à l’école
classique. “En écoutant les parents, on a l’impression qu’il y a une compétition entre l’école coranique et l’école classique. Or, elles ne sont pas incompatibles. Pendant les congés, les vacances,
l’enfant a la possibilité d’apprendre des cours coraniques. Nous leur avons expliqué qu’il pouvait demander des écoles franco-arabes”, précise le ministre Tamboura. Pour lui, les faibles effectifs,
les taux élevés d’abandons et la gratuité de l’éducation constituent un paradoxe. Il a invité la population du Sahel a envoyé ses enfants à l’école. Car c’est la seule solution pour que la région
ne reste pas en marge du développement. Aux enseignants et à l’administration locale, il leur a demandé d’être des modèles de développement en sensibilisant la population à l’utilité de l’école.
Les réalités de l’éducation dans le Sahel vont au-delà des comptes-rendus et autres rapports reçus. Et le ministre délégué de lancer un appel aux ressortissants de la région du Sahel à s’impliquer
dans la sensibilisation et de plaider en faveur de l’éducation. “L’organisation des états généraux sur la scolarisation dans le Sahel est plus que nécessaire pour rechercher des pistes de
solution”, a conclu M. Tamboura.
Par BATIANA ASSOMPTION
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