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  • Bonjour je me nomme BATIANA Assomption je suis Burkinabé. Graphiste de formation, je collabore avec le journal l'oeil des jeunes Actuellement en Stage en Allemagne (Hamburg)

Texte Libre

Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 23:44

La situation de la femme au Burkina Faso est sensiblement identique à celle des pays voisins. Pilier de la société africaine, la femme est omniprésente dans tous les domaines de la vie sociale: Epouse, mère de famille, porteuse d'eau, commerçante, on la voit partout, à tel point qu'elle n’est généralement représentée par les artistes qu’en train de vaquer à ses occupations. L’autre moitié du ciel vie, sans mot dire, construit la nation. Mais à quel prix ?

 

La corvée au quotidien

Dans la famille rurale du Burkina Faso, le sort de la femme n'est guère enviable. Levée avant le jour, elle parcourt des kilomètres, parfois plusieurs fois par jour pour aller puiser de l'eau qu'elle ramène ensuite sans moyen de transport. 20 à 30 litres d'eau sur la tête c'est lourd surtout quand on est jeune et qu'on a le ventre vide. Piler le mil s'apprend juste après qu'on sache marcher. Aller chercher l'eau est important mais il faut aussi du bois pour cuisiner. Comme le bois est rare, il faut aller le chercher loin, souvent trop loin. Après cette mise en forme qui ne dispense aucunement la femme d'allaiter en même temps l'enfant qu'elle porte sur le dos, il faut passer aux choses sérieuses. Préparer un repas dans un pays où l'alimentation est centrée autour de la culture du mil est une chose simple: ya qu'à piler.

Ensuite, elle va pouvoir se mettre au travail, c'est à dire être un peu productive: aller vendre quelques légumes au marché si le temps qui lui reste pour dormir n'est pas déjà compté.

 

Insuffisance de l’offre éducative

L'accès à l'éducation est loin d'être une règle au Burkina Faso, même si des textes vont dans ce sens. Trop d'obstacles se dressent aujourd'hui, en particulier en milieu rural. Le poids des traditions tout d'abord, fait qu'il n'est pas naturel de scolariser des enfants alors qu'ils représentent rapidement une source de main d'œuvre conséquente. C'est encore plus vrai pour les filles qui peuvent être placées assez jeunes comme bonnes ou qui fourniront une aide précieuse à la maison. Dans un pays ou le taux d'alphabétisation est très faible (taux d'illettrisme de 78% en 2001 dont 90,8% pour les femmes) la tendance n'est pas prête à s'inverser même si les autorités ont pris conscience du problème. De nombreux programmes se mettent peu à peu en place pour favoriser l'accès des jeunes filles à l'école. C'est sans doute le milieu rural, en particulier dans le Nord qui accuse le plus lourd retard.

 

Du monde du travail et des postes de responsabilité

L'accès au monde du travail (en dehors de l'économie informelle) est extrêmement restreint pour les femmes au Burkina Faso. Le paradoxe est grand puisque la femme (dont personne ne conteste qu'elle est un pilier de l'économie) est exclue de l'emploi salarié. Sa représentation est aussi faible qu'à l'école et on ne la retrouve que dans quelques administrations comme la poste ou les banques. Des ONG offrent parfois aussi des emplois à des femmes. Globalement, la discrimination dont les femmes font l'objet dans la société est applicable au monde du travail.

A l’image de la chefferie traditionnelle, les femmes sont quasiment absentes de la scène politique Burkinabé. Un frémissement se fait sentir avec une montée en puissance à travers le monde associatif et l’influence de certaines ONG (le quota des femmes sur les listes électorales est porté à 30% par l’Assemblée Nationale). La lutte contre l’excision, contre le sida et pour l’amélioration des conditions féminines est un combat de tous les jours pour certaines associations de femmes africaines

 

Des conditions sociales difficiles

Les conditions sociales ne sont pas non plus favorables aux femmes. Mariage forcé et polygamie rythment leur vie sociale. Et ce, dans le silence le plus total. Il faut arriver à être assez proche d’une femme Burkinabé pour qu’elle s’ouvre sur la dureté de sa condition. Les violences faites aux femmes, les mutilations sexuelles et les viols ne sont pas vécus par la femme comme un sympathique folklore. Certaines traditions de types féodaux qui n’accordent que peu de place, de voix et de respect aux femmes sont en survivance ; ce schéma se retrouve malheureusement dans la vie d’aujourd’hui qui fit de la femme la victime ou la coupable idéale dans une société de plus en plus macho.

Et quand elle s’épanouit, c’est que la femme objet est passée par là.

 

Des raisons d’espérer

Ce n’est pas pour autant que la femme scrute ce noir tableau et s’en félicite. D’ailleurs son combat, elle le mène toujours, sauf qu’aujourd’hui l’espoir est permis. La femme, la mère, la fille, la sœur, bref, quelque soit la position de la femme, elle doit être reconnu d’abord comme telle et ensuite comme citoyen à part entière, à égalité de droits. La création, le 10 juin 1997 d’un ministère de la femme en est déjà le symbole fort au Burkina. Pour que les femmes ne souffrent plus de tous les maux, les chantiers suivants sont à terrasser : la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’éducation, la lutte pour la protection des droits fondamentaux, la lutte contre la discriminations et l’atteinte des droits de la fille, la lutte contre les violences faites aux femmes, l’abandon des pratiques traditionnelles néfastes, etc. Et pour ca, le Burkina est déjà engagé. Pour que la femme tienne son rang : celui de la mère de l’humanité.
Par BATIANA ASSOMPTION
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